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Saturday, May 19, 2018

Cibako suite

   Le pagne tissé béninois, Kanvò, est représenté avec de multiples motifs. Au Bénin, ces pagnes étaient surtout fait par 2 ethnies : Les Baâtonu au nord et les Fon au sud.


   Le motif Wounon date du 17ème s. et servait pour faire toges et pagnes d'honneur. Un échantillon a été obtenu en 1994 par Victorine qui l'a reproduit en grand. Ceux sur les mannequins datent des 17 et 18ème s. Ils étaient utilisés pour les tenues traditionnelles.



La grande majorité des motifs remonte au temps des rois du Dahomey. 


Sonoukpa et Kinkpa ont étés primés lors de l'édition 2017 du plus beau pagne tissé.


Le tisserand était fier de nous présenter ses "oeuvres". 


Les pagnes rayés se trouvaient souvent dans les couvents. 


Des chemins de tables avec sets sont vendus à la boutique (35000 CFA).


Le centre pratique aussi la coloration Indigo et vend les tissus.


    mais réalise aussi d'autres pièces sur commande. Une photo m'a interpellée. Celle d'une promo de 2007 du Centre de Formation de d'Insertion en Artisanat. Ils étaient tous en pension, nourris pris en charge par l'Association Espace Tissage et le Cibako. Ils apprenaient le travail du bois, le tissage à la main  et la teinture à l'indigo. L'espoir était de former la relève mais après 2 ans d'apprentissage un par un ou par petits groupe ils ont tous abandonné, préférant se ré-orienter dans d'autres filières comme pâtisserie, boulangerie, savon ou coiffure. Un proverbe fon dit : "C'est au bout de l'ancienne corde qu'on tisse la nouvelle". Est-ce encore vrai ? Ces 2 associations se posent la question.


   Après la visite, les soeur et nièce de Victorine, venues d'Abomey, nous ont régalé de quelques bouchées locales : Samoussa, frites de manioc et boulettes de farine de haricots. 


Un moment de partage avant le retour sur Cotonou.
16 avril 2018 Calavi

Thursday, May 17, 2018

Cotonou Accueil à Cibako


   Avril a été bien occupé. Cotonou Accueil a organisé quelques sorties dont celle à Calavi (à 12km) du Centre International CIBAKO, créé en 97 à la mémoire de Basile Kossou, passionné de culture. Le but est de promouvoir le capital culturel du pagne tissé de chaque peuplade. "Les valeurs ancestrales existent encore. Il faut réhabiliter ce patrimoine textile car le marché existe. Les gens qui en ont besoin, n'en trouvant pas vont dans la sous-région dans les foires et salons".


   Victorine sa veuve nous a gentiment accueilli et expliqué la démarche de ce centre ouvert en 97, relancé en 2012, qui souhaite faire perdurer les pagnes tissés anciens en recherchant des tisseurs compétents par la promotion de concours et la recherche des modèles des 17, 18 ou 19 ème S.


   Autrefois les rois avaient leurs propres tisserands qui faisaient les meilleurs pagnes mais à la colonisation n'ayant plus de rois, la demande s'est fortement réduite. C'est en 1993 que Victorine, d'une famille de tisserand sur Cotonou, organise le 1er concours de pagnes pour les créations futures et relance doucement cette activité dans son atelier de Cotonou.


   Le problème majeur est le fil. "Il existe une usine à Parakou qui produit de bons fils mais elle n'a pas la capacité pour la quantité requise". Le coton du Bénin dans l'ensemble accepte mal la teinture et dégorge. Du coup c'est au Burkina et en Côte d'Ivoire que le centre s'approvisionne en coton écru qui sera teinté sur place. "L'atelier" de tissage est étroit et dans un coin est entreposé un métier offert qui n'a ni la place ni toutes ses pièces pour fonctionner.


   La largeur des pagnes tissés est déterminée par la largeur du métier (limitée ici) et la longueur adaptée à la taille désirée. On ne coupe pas dans le tissu, il reste entier.


   Basile a laissé une bibliothèque riche de plus de 3500 ouvrages. Elle se trouve dans le bureau de Victorine. Le Cibako en a offert plus de 350 au collège catholique Père Aupiais de Cotonou.


    Pour étendre sa gamme de produit, des cartes ont été réalisées. Victorine nous montre un pagne de raphia servant à envelopper un mort. Les paysans et artisans sont peu motivés en raison de la pénibilité du travail du raphia car il est difficile de mettre les fibres du Bénin bout à bout, leur longueur ne dépassant pas les 60 cm.


Les fils sont entreposés par terre dans le bureau.


 2 couturiers oeuvres aux créations.