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Tuesday, April 9, 2019

Cotonou Accueil : Visite de Nocibé


  Sylvain, mari de notre présidente a démarré et veille sur son "bébé" Nocibé, Nouvelle Cimenterie du Bénin. Un grand merci à Sylvie et lui de nous avoir organisé la visite de cette usine située à Massé (commune d'Adja-Ouèrè) à 2h30 de Cotonou. C'est impressionnant de voir la taille du site !
  

  Nocibé est un gros employeur donnant du travail à plus de 800 personnes. C'est une usine assez exemplaire considérée comme "verte" qui utilise des techniques de dernière génération respectueuses de l'environnement. Parmi ces actions l'on compte aussi une campagne de reboisement


   C'est impressionnant de se balader sur un site propre. Je m'attendais à avoir cette poussière de ciment de partout. C'est comme si quelqu'un avait balayer pour notre venue. Le ciment est fabriqué en chauffant un mélange précis, finement broyé de calcaire, argile et sable dans un four rotatif, à des températures atteignants 1450°C. Cela donne le clinker qu'il faut refroidir et finement broyer pour obtenir la poudre de ciment. Celui-ci agira comme un colle pour lier les ingrédients du béton.  


Bon ok, pas tout est nickel. Il arrive qu'un camion est un état douteux 😀. Ce qui m'a surtout surprise, ce sont les cadenas posés sur chaque bouchon de réservoir. Le vol est un sport national ! 😏


   Le 1er sac de ciment est sorti de cette chaine le 3 déc 2013 en présence du président de l'époque, Boni Yayi. La capacité de l'usine est de 1.500.000 t/an, mais l'usine tourne a environ la moitié de sa capacité le marché étant un peu au ralenti. La philosophie du PDG, un sénégalais, Layousse Latfalah, est que le ciment "soit accessible à tous" et depuis que son usine fonctionne, ils ont tirés les prix du marché vers le bas. L'accent est aussi mis sur le recyclage des déchets, l'utilisation du bio-dégradable pour du compost servant aux maraichers locaux, des campagnes de reboisement des parcelles déjà exploitées. Et aussi une forte responsabilité locale en ayant construit des salles de classes, des pistes de dessertes rurales, en fournissant la population en eau potable, en mettant à disposition médecin et ambulance ou en faisant des dons de ciments à des ONG. L'impact au niveau local est très positif. 


   Le chargement d'un camion se fait rapidement. La plupart sont des contracteurs privés. Une règle appliquée est qu'il leur est interdit de faire entrer les enfants. Tout le monde utilise ces "esclaves" mais le site leur est interdit. Sur l'immense parking qui leur est attribué, des sanitaires ont été installés, fort heureusement car un camion peut y rester une ou 2 semaines à attendre, en général les papiers ou que le paiement ait été fait car le ciment lui est prêt.


   Après la visite, c'est direction la base de vie ou des maisons de diverses tailles selon le poste occupé ou la taille de la famille sont à disposition des cadres. Vu l'éloignement avec Cotonou, beaucoup y vivent seuls, la famille visitant le week-end ou eux descendant pour la fin de semaine. Tout a été pensé pour essayer de rendre l'endroit le plus agréable possible avec magnifiques jardins, une piscine commune et un bar-restau. On aurait envie d'y passer un week-end au calme et dans la verdure. 
  Sylvie avait fait les choses en grand et le chef de la base nous avait préparé un excellent repas de produits libanais. Merki !

Wednesday, February 20, 2019

Cotonou Accueil vadrouille : Rivière Noire

  Mardi c'est à Rivière Noire à 1h15/30 de Cotonou que nous nous sommes rendus. Le départ fut laborieux avec 2 personnes arrivant 52 min en retard (par rapport à l'heure de rdz-vs). Faut quand même le faire dans une ville sans embouteillage dans les zones où nous habitons, et où le max de trajet que l'on fasse soit de 15 min. Y a t'il excuse recevable ? Même à pied elles auraient eu moins de retard !!! J'ai décidé de rester zen et suis fière d'y être arrivée. 
   Comment faire simple quand on peut faire compliqué ? et bien en faisant 22,2 km, en arrêtant la colonne de 5 voitures dans Porto Novo et ... oh il en manque une. Et bien oui, la 6ème a osé, partir sans avoir fait le plein !!  Du coup 26 minutes à attendre. Zen , je vous dis je suis restée. 


   Bon, nous voici arrivés. Vite on s'y met, le compteur tourne et déjà quasi 1h de perdue sur le programme. C'est parti ! La piste d'accès à l'embarcadère nécessite absolument un 4x4 plutôt surélevé car par endroit cela fait dos d'ânes-pics et il faut bien négocier. 
   1ère découverte : Nous sommes au portes d'une forêt sacrée dédié à la divinité Oro. La communauté Nago fut la toute 1ère s'installer dans la commune d'Adjarra et est la 1ère praticienne de ce patrimoine immatériel. Société secrète masculine, la transmission est initiatique, orale, de générations en générations et l'accès est réservé aux initiés sous peine de ... "disparaitre". Les femmes en sont exclues. De plus une fois par an et pendant une quinzaine de jour, les tambours/tam tam résonnent pour signaler le passage et pour qu'elles restent invisibles fermées chez elles car "elles ne doivent surtout par voir Oro". Le non initié qui entend ce grondement doit se mettre à l'abri sous peine de "disparaitre". Gentil mot pour ne pas dire être assassiné ! De nos jours les règles s'assouplissent pour accommoder les jours de marché, sorties à l'église ou urgences médicales, mais la femme sortira la tête cachée sous des couvertures pour ne pas voir et toujours accompagnée d'un initié. Il est formellement interdit de franchir les rameaux, entrée de la forêt. Si un homme contrevient il sera frappé et au mieux initié de force. Pour entrer il faut donner un nom et un mot de passe.
   Les pratiques datent des années 1800, et cette forêt de 3800 m² n'a été que récemment délimitée. En fait les forêts sacrées sont "des espaces boisés craints et/ou vénérés, réservés à l'expression culturelle d'une communauté donnée dont l'accès et la gestion sont réglementés par les pouvoirs traditionnels. Ces types d'écosystèmes nécessaires à la survie de l'homme ont pu ainsi échapper à la destruction anarchique (le drame forestier béninois)". Elles sont dénommées Avévoins : Avé = forêt, voin = peur. Cela explique clairement !


   C'est 1,3 km de pirogue que nous ferons dans un superbe environnement. Tiens nous avons un petit passager clandestin ! La Rivière Noire tient son nom de sa couleur sombre due à la tourbe, mais la légende donne une autre explication. Un roi respire, vit et meurt, il n'a jamais faim (il déguste), n'est jamais sale (il se rafraîchit le corps) , ne dort pas (il réfléchit). Celui qui disait autrement, faisait offense au roi et encourait la décapitation. Le roi ne meurt pas non plus : "Il a voyagé au pays des ancêtres" ou "une branche s'est cassée" ou "Il fait nuit sur le royaume" d'où le fait que la rivière soit noire en hommage à un roi décédé; il n'y avait plus de lumière, elle est devenue noire. Un temps il est aussi dit que c'est parce qu'il y avait du pétrole.


   Quel charmant endroit ! Avec la luminosité et la pirogue en mouvement, il est compliqué cependant de prendre le blanc des fleurs ! Cette rivière prend sa source au fleuve Ouémé et va jusqu'à Porto Novo. Très pratiquée les jours de marché mais aussi par les contrebandiers en pétrole nigérian.


    Une chose que je n'ai pas compris, est que l'embarcadère donnait sur un "début de rivière" et pareil à l'autre bout. Je n'ai remarqué qu'une rivière avec un début, une fin et des micro canaux de ci de là 😏. 



    Sur 100m il y a une zone sensible, de silence. Il y a 11 ans un incident à eu lieu lors d'un enterrement. Les cérémonies durent 10 j environ chez les Bankou. Nombre de femme sont habillées pareil. Dans une pirogue de femmes l'une d'elle enceinte s'est sentie mal soudainement et est mortes, puis toutes sont mortes. Vu que les fonds vont de 1 à 9 m il est très possible qu'elles se soient noyées.


Je ne crois pas que je monterais sur n'importe quelle pirogue !!


Il y a des bateaux-pirogues, mais surtout des troncs taillés. 


   A l'embarcadère de départ on a pu voir un autel avec des fétiches, conçu pour protéger, notamment des voleurs. Il sera fait appel au fétiche pour le voleur qui ne s'est pas dénoncé. Des incantations sont faites pour jeter le mauvais sort. Il sera souvent retrouvé pendu. Ces croyances sont fortement ancrées dans ces civilisations. La vie se fait autour et si l'on n'y prête pas attention, l'on ne verra que la femme faisant sa lessive, l'enfant jouant, le village vivant au rythme lent de la chaleur humide, étouffante.